Partager l'article ! Le voyage qui changea le monde: Jérôme Marcoux. Récit fiction d’un voyageur parti à la rencontre de civilisation ...
Jérôme Marcoux.
Récit fiction d’un voyageur parti à la rencontre de civilisations inconnues en quête de solutions pour son peuple.
(Contactez l'auteur pour toute utilisation, adaptation).
Chers amis, frères et sœurs d’humanité, me voici de retour parmi vous après un long voyage. Il y a de cela vingt ans, je suis parti. Mission m’a été confié par les plus sages d’entre nous de parcourir le vaste monde, ses immenses territoires et de rencontrer les peuples méconnus et leur culture en quête de solutions à nos problèmes. Il m’a alors été donné tout le temps nécessaire pour cette tâche colossale. Aujourd’hui, je suis empli de joie et de gratitude. Ce que j’ai découvert en chemin a dépassé tous les espoirs placés en ce voyage.
Pendant deux années, j’ai traversé plaines, rivières et montagnes à la recherche de quelque solution nouvelle mais ma quête restait totalement vaine. Jusqu’au jour où j’ai décidé de ne plus chercher. Ce jour m’est apparu le premier représentant de la fantastique « Equale ».
L’Equale est une oeuvre dont nous n’oserions à peine rêver aujourd’hui et qui pourtant a vu le jour dans un monde assez sombre dominé par la spéculation et l’intérêt de quelques uns. Dans ce monde, c’était immiscé en principe général au fil des siècles une pratique interdite car totalement immorale. Je veux parler de l’usure de l’argent. Il était interdit à l’origine de prêter plus de valeur monétaire que l’on en avait en sa possession. Ce principe garantissait la valeur de l’argent sur un stock d’or bien réel. Mais avec le temps les banquiers ont franchi l’interdit et se sont mis à prêter plus qu’ils n’avaient. Peu à peu ils sont devenus les seuls maîtres d’un argent omniprésent. Mais la valeur de cet argent n’existait que parce qu’il y avait toujours du monde pour contracter et rembourser des dettes auprès de ces banquiers. Du jour où la crise de confiance s’est réellement révélée et que le flot d’endettement s’est tari, c’est tout le système qui a commencé à vaciller. Malgré le soutien des états au système bancaire, aucun ciment n’était assez puissant pour colmater la brèche apparue dans le barrage de mensonges sensé retenir encore longtemps la vérité d’un système qui n’avait d’autre but que d’enrichir quelques têtes soit disant bien pensantes. C’est dans ce contexte que l’Equale est apparue.
Les citoyens se sont réapproprié l’argent en imaginant une monnaie libre, citoyenne et abondante pour tous : l’équal. Chaque citoyen participant à l’œuvre de l’Equale recevait chaque mois une somme de cette monnaie qui lui permettait de vivre avec aisance. Il lui appartenait d’être un des créateurs de l’œuvre en alimentant par une offre de son choix un nouveau marché des biens et des services utiles et respectueux de toute vie. Certains ont cultivé la terre et les océans, d’autres ont donné des cours, créé des œuvres, d’autres ont fabriqué des biens recyclables à l’infini et d’autres se sont mis au service du simple et fondamental bien-être d’autrui. Tous ont perçu leurs revenus en équals et ont fait leur propre marché dans cette même monnaie. Bien sûr le système bancaire en place à vu cette initiative d’un mauvais oeil mais puisque le système de l’équale fonctionnait parfaitement et reposait sur des valeurs humaines solides et reconnues comme essentielles, il s’est imposé naturellement. Ce monde s’est donc éclairci. Les ressources naturelles et les ressources humaines n’étaient plus sacrifiées sur l’autel de la croissance, de la consommation et de l’endettement. Les peuples pouvaient dès lors respirer, laisser le temps aux ressources naturelles de se régénérer et même entrer en coopération avec la nature pour favoriser la diversité. Ces peuples se libérèrent donc de l’esclavage envers un système qui les avilissait et pour lequel ils avaient du souvent s’asseoir sur les valeurs essentielles qui font la noblesse d’être un humain. J’ai rencontré là des êtres qui avaient trouvé un mode d’organisation qui tendait à servir le bonheur de tous et de chacun, remplaçant ainsi un système ayant permis le développement d’une civilisation mais qui était devenu un danger pour cette civilisation. Enfin j’ai vu un monde de sourires où chacun agit par choix pour le bien de tous, sans souci du lendemain. J’ai vu un monde de légèreté qui offrait les avantages de la mise en commun comme ceux de la liberté individuelle. J’ai vu la liberté de servir la communauté, la liberté de gagner sa vie, la liberté de prendre le temps de vivre et j’ai vu la fabuleuse richesse et l’incroyable créativité de ces peuples profitant de cette liberté. Amis j’ai continué ma route mais si elle avait dû s’arrêter là, déjà mon voyage aurait été un succès comme je n’en avais pas espéré.
Au sortir des territoires de l’Equale, riche de cette expérience magnifique et tellement puissante, je suis entré en forêt comme on entre en religion. La forêt équatoriale m’a absorbé et j’ai marché avec guides et porteurs pendant deux mois entiers avant de faire une autre rencontre bouleversante : le peuple de la forêt. A travers ce peuple, j’ai trouvé le parfait exemple de l’harmonie entre l’homme et la nature. Ici l’humain a trouvé sa juste place dans une nature nourricière et généreuse qui mérite le plus haut respect. J’ai trouvé des hommes, des femmes et des enfants qui parlent avec les plantes, les animaux, la terre, les nuages, le vent, et l’eau dans un rapport d’amour, de respect et de profonde gratitude. Et le plus naturellement qui soit, ce peuple mène une vie d’excellence : je veux dire une vie heureuse et radieuse, simple mais merveilleuse par l’éclat qu’elle renvoie à celui venu d’ailleurs qui porte avec lui ses troubles et ses tourments. Ce peuple ne connaît ni les mots « s’il vous plaît », ni le mot « merci » car le partage y est tellement naturel que ces termes sont tout simplement inutiles. Il ne connaît aucun chef, car toutes les responsabilités sont partagées elles aussi par l’ensemble du groupe. Aucune justice n’est nécessaire et la plus grande brimade pour un membre un peu grognon est une séance de chatouilles ayant pour seul but de le dérider un peu. Ici tout est relié, rien n’est séparé et tout ce qui vit a sa place, sa raison et son intérêt. On sait parler à la nourriture pour qu’elle se conserve et à l’eau pour qu’elle soigne, au ciel pour qu’il soit clément, aux fruits pour qu’ils soient abondants, aux animaux sauvages pour qu’ils soient amicaux. Et lorsque quelques heures d’activités ont suffi à tous pour obtenir de la nature ce qu’il faut pour bien vivre, le reste du temps est consacré au jeu, à la discussion et au repos. Ici on n’a pas à apprendre les bonnes manières aux enfants, ils en sont simplement les témoins. Mes amis je vous le dis, j’ai vu le paradis ! Lorsque l’homme se fond dans la nature au lieu de la piller, elle est l’alliée de ses plus hautes aspirations. J’ai vu là un peuple qui n’a rien oublié de l’aspiration la plus noble qui soit : être heureux.
Au sortir de la forêt j’ai rencontré la cité des Cadocéens. Un nouveau peuple merveilleux m’est apparu dont la culture repose sur une idée simple mais incroyablement lumineuse. Toute pensée, toute intention, toute parole et toute action est un cadeau que l’on s’offre à soi-même comme au reste de l’univers. Tout ce qui est émis sera reçu à nouveau et tout ce qui est reçu dépend de ce qui a été émis. Ainsi les Cadocéens qui souhaitent eux aussi vivre le plus heureux possible s’appliquent à n’émettre en eux et autour d’eux que des ondes bénéfiques pour tous. Ici on ne s’abandonne pas à penser du mal de son voisin. Celui qui repère en lui un quelconque signe de négativité s’isole un moment pour renouer avec une attitude plus positive. J’ai donc vu une cité qui vit au rythme de la bienveillance et de la bonté des uns envers les autres. J’ai vu les visages éclairés de ces gens qui portent en eux la saine compréhension que le bonheur des uns fait le bonheur des autres à partir du moment où la source de ce bonheur est l’harmonie avec la loi de la nature. Ici tout le monde sait que vivre selon cette simple loi, c’est à dire offrir des pensées, des paroles et des actes bénéfiques à tous, garantit une vie heureuse alors que vivre à l’encontre de cette loi, c’est à dire offrir des pensées, des paroles ou des actes néfastes, implique une vie de souffrances pour soi et pour les autres. Ici on apprend donc avant toute autre chose à devenir quelqu’un de bien car on sait que le plus grand bien est celui que l’on porte en soi et dont on peut faire profiter tout un chacun. Je me souviendrai longtemps de cette belle cité fleurie où l’on embellit la vie de mille attentions envers son prochain en sachant que ce que l’on donne à l’autre on se l’offre aussi et avant tout à soi-même. C’est naturellement au cœur de cette cité bénie que j’ai entendu parler pour la première fois d’une ethnie amie : les Emos que je me suis enquis de rencontrer également.
Les Emos sont eux aussi des gens très attachants. Pour se nourrir, ils cultivent de jolis champs verdoyants dans un environnement pourtant aride mais leurs plus grands jardins sont ailleurs : ce sont leurs jardins intérieurs. Lorsque vous vous rendez chez les Emos, vous les trouverez souvent silencieux, les yeux clos à l’ombre d’un vieil arbre, à l’abri d’un rocher, ou dans la fraîcheur de leurs habitations. Et lorsque vous leur demandez ce qu’ils font là, ils vous répondent qu’ils cultivent leurs territoires intimes où ils font pousser leurs plus belles semences. Et lorsque vous restez suffisamment longtemps ils vous apprennent à cultiver vous aussi la joie, la gratitude, la bonté, la compassion, la confiance, la détermination, la concentration et la paix. Ils vous apprennent à devenir heureux en vous-mêmes et à voir ce bonheur se matérialiser autour de vous. Pour les Emos, le bonheur est un mouvement de l’intérieur vers l’extérieur et non l’inverse. Ils n’attendent rien de l’extérieur qui ne soit déjà réalisé en eux-mêmes. C’est toujours ce qui est à l’intérieur qui détermine ce qui se passe à l’extérieur. Ainsi vous verrez les Emos consacrer énormément de temps à cultiver leur jardin intérieur et vous ne les verrez jamais se débattre avec des supposés problèmes extérieurs. Pour eux ce qui n’est pas résolu à l’extérieur doit d’abord se résoudre à l’intérieur. Lorsque le problème s’est dissous à l’intérieur, il disparaît aussi à l’extérieur. Pour eux le monde n’est que le reflet de l’âme. Le temps passé en soi est donc un gain de temps fabuleux qui évite aux Emos une perte d’énergie incroyable : je veux parler de l’énergie dépensée à se débattre avec les réalités extérieures. Les Emos concentrent leur énergie à réaliser en eux l’harmonie, laquelle s’exprime superbement tout autour d’eux. Ces gens savaient déjà que j’allais venir avant même que je me présente à eux. Ils connaissaient également la raison de mon voyage, c’est pourquoi ils m’ont indiqué un groupe de trois villages situés dans une région lointaine comme étant la prochaine étape de mon périple. Confiant en ce peuple grandiose j’ai suivi leur précieux conseil.
Le premier village est le village des cent mots. Cent mots bien choisis servent de référence culturelle. Bien sûr le vocabulaire utilisé est par ailleurs riche de milliers d’autres mots mais cent d’entre eux ont été repérés comme le socle d’un idéal commun. D’amour à amitié en passant par sagesse, vérité, simplicité, joie, rire, confiance, abondance, nature, écouter, accepter, comprendre, toutes les idées et les concepts essentiels à une vie heureuse et harmonieuse sont réunis dans cette simple liste que les enfants intègrent naturellement en grandissant.
Le second village est le village des cent dictons. Là ce sont les énoncés des leçons de la vie que les enfants intègrent dès le plus jeune âge. « On récolte ce que l’on sème ; ce n’est qu’en trouvant la paix en soi qu’on peut trouver la paix avec les autres ; connais toi toi-même ; mieux vaut être ignoré qu’ignorant ; aide toi le ciel t’aidera ; la liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres ; ne pense pas à faire à autrui ce que tu ne voudrais pas qu’il pense à te faire ; le succès c’est d’obtenir ce que l’on désire, le bonheur c’est d’apprécier ce que l’on a ; il n’y a pas de chemin vers le bonheur, le bonheur est le chemin ; la vie sourit à celles et ceux qui lui sourient ; l’arbre qui tombe fait plus de bruit que la forêt qui pousse ou encore traverse la rivière avant d’insulter le crocodile ».
Le troisième village est le village des cent pensées. Ici ce sont des pensées résolument positives que l’on apprend et qui structurent les esprits. La vie est belle, tout va bien, la paix se répand en moi et autour de moi, tout est possible, mes projets se réalisent, je suis heureux du bonheur des autres, je rencontre des gens positifs, tout ce qui m’arrive a du sens, je suis toujours prêt à accueillir le meilleur de la vie, je me sens relié à l’univers tout entier, je vis en harmonie avec les lois de la nature, j’accepte la réalité telle qu’elle est, je change ce que je peux, je donne le meilleur de moi-même, je respecte la liberté d’autrui, je suis toujours en pleine forme, je suis bien où je suis, je me réalise pleinement, tout est complet à l’intérieur comme à l’extérieur, je ris encore et toujours.
Ma visite dans ces trois villages a été incroyablement riche d’enseignements. Et plus mon séjour se prolongeait, mieux je comprenais la puissance et le bien-fondé de ces manières d’être à la vie qui m’étaient jusque là inconnues. J’ai notamment pu saisir à quel point l’un des dictons entendus se révélait de plus en plus vrai : la vie est telle qu’on la voit, elle est difficile si on la voit difficile et elle est magique si on peut y voir la magie de la vie. Ainsi c’est le regard qui façonne le monde. Si le regard est impressionné par le monde, c’est cette impression qui sera le ciment matérialisant la réalité de l’instant suivant. En revanche si le regard gagne en indépendance, en liberté par rapport au monde alors c’est cette liberté de voir le monde autrement qui sera la source d’une transformation positive du monde. Enfin je commençais à discerner le pouvoir créateur de l’esprit. Changer le monde c’était donc avant tout changer son regard sur le monde. C’est alors que l’on me conseilla de me rendre chez les Attras.
Les Attras mènent leur vie en faisant le meilleur usage de la loi d’attraction selon laquelle on attire à soi ce à quoi l’on pense. Pour eux l’être devient ce qu’il pense et la vie s’écoule donc là où vont les pensées. Penser à un problème de manière récurrente est le meilleur moyen de voir ce problème prendre de plus en plus de place dans l’existence. En revanche penser et visualiser la situation idéale à laquelle on aspire en s’emplissant des émotions que l’on ressentira lorsque cette situation se matérialisera est le plus sûr moyen de voir cet idéal se réaliser. Pour les Attras on peut tout obtenir de l’univers. Il s’agit seulement de définir ce que l’on veut et d’en former une image intérieure que l’on cultive avec la confiance absolue que cette réalité intérieure va devenir avec le temps une réalité visible et palpable. Ainsi les Attras sont maîtres dans l’art d’attirer à eux tout ce qu’ils veulent : richesses, nourriture, amour, santé, jeunesse. Lorsqu’ils ont eut besoin de stabiliser leur climat, ils ont visualisé ensemble un climat sain pour tous. Lorsqu’ils ont voulu purifier leur air et leur eau, ils ont visualisé cet cette eau et cet air purs. Lorsqu’ils ont voulu repeupler les océans, reboiser les terres, ils ont cultivé les visions adéquates. Lorsqu’ils ont souhaité une énergie abondante et gratuite, ils ont visualisé cette énergie infinie accessible à chacun, sans limiter leurs pensées en se demandant comment cette source allait bien pouvoir fonctionner. Ils savaient qu’en la voyant en eux, elle allait devenir réalité. Ils ont vu le « quoi » et l’univers s’est occupé du « comment ». Oui les Attras bénéficient d’une source d’énergie absolue et cette source est le savoir. Ils savent que tout est esprit et que lorsque aucun doute ne vient perturber une vision, cette vision est la nouvelle réalité. Lorsque les Attras ont voulu la paix ils n’ont pas lutté contre la guerre ce qui n’aurait fait que renforcer les visions de conflit et donc aggraver le problème. Ils se sont simplement réunis en pensée pour visualiser la paix pour chacun et pour tous. Ma venue parmi eux m’ont-ils dit faisait partie de leur vision afin que leur savoir puissent se répandre partout. Mais ils savaient aussi que mon scepticisme, issu d’une éducation profondément marquée par la culture scientifique cartésienne m’empêcherait de mettre en pratique ce qu’ils m’apprenaient sans avoir au préalable d’explication satisfaisante. Ils m’envoyèrent donc rencontrer les merveilleux Doblons.
Pour les Doblons, le temps n’est pas le temps que nous connaissons. Soyez très attentifs car votre esprit a encore moins l’habitude de penser ce qui va suivre. Pour les Doblons passé, présent et futur sont des réalités qui existent « en même temps », mais qui s’écoulent à des vitesses différentes, des univers parallèles dont nous ne percevons avec nos sens que notre présent. Les Doblons savent que tout ce qu’ils font ou pensent génère en permanence des réalités concrètes dans un temps accéléré nommé le futur. Ils comprennent parfaitement que les futurs qu’ils créent ainsi deviendront un jour leur présent ce qui les pousse évidemment à ne créer par leurs pensées et leurs actes que des futurs positifs, bénéfiques pour tous. Les Doblons m’ont ainsi expliqué que les problèmes et les catastrophes ne sont en fait que les problèmes et les catastrophes qui ont été imaginés un jour, qui ont été créer en esprit et auxquels l’esprit s’attache, renforçant ainsi son lien avec ces futurs problématiques et le poussant inexorablement à devoir les vivre. Les Doblons me permettaient enfin de saisir pourquoi l’on dit que l’on récolte ce que l’on sème, pourquoi les Cadocéens, les Emos ou les Attras - en autres peuples éclairés - évitent de semer des pensées ou des actes négatifs. C’est que même ce qui semble sans conséquence dans le présent se matérialise de façon bien réelle dans un temps tout aussi réel que le notre : le futur. Il appartient donc à chacun d’éclairer le futur avant d’en profiter plutôt que de l’assombrir au risque de devoir l’endurer. Je demandais alors aux Doblons comment purifier le futur des malheurs qui par ignorance y ont déjà été déversés. Leur première réponse fut de stopper immédiatement la création de nouveaux futurs dangereux en les remplaçant par des visions d’avenir bénéfiques pour tous. Mais j’insistais : comment ne pas subir les futurs dangereux déjà créés ? C’est là qu’ils me présentèrent une chose plus étonnante encore.
Ils m’expliquèrent : nous vivons nous mêmes les futurs créés par les pensées et les actes de notre double, cet autre nous-mêmes lumineux existant dans un temps qui s’écoule plus doucement que le notre. Si nous vivons totalement séparés de cette réalité lumineuse que nous appelons aussi notre « bonne étoile », nous ne vivons qu’en fonction des futurs dangereux que nous créons. En revanche si nous vivons avec le sentiment et la confiance d’être guidé et protégé par cet être, cette bonne étoile, alors nous vivons au plus près de ses nobles intentions et évitons ainsi les futurs dangereux.
La confiance en une aide supérieure que l’on retrouve dans de nombreuses cultures prenait soudain pour moi l’allure d’un début d’explication rationnelle. Un autre soi vivrait une réalité lumineuse dans un temps ralenti ou les pensées et les actes seraient beaucoup plus bénéfiques que celles et ceux qui s’expriment dans la dimension du temps perçue par les sens. Chacun serait en mesure d’être avantageusement inspiré et guidé en se rapprochant émotionnellement de ce soi lumineux alors que l’individu serait désinformé et désorienté en s’écartant de cette source et en devenant la marionnette des futurs dangereux qu’il crée et renforce en leur accordant toute son attention.
Cesser de créer des futurs dangereux et faire confiance à une guidance et une protection supérieure, tel était le conseil des Doblons. Mais comme vous vous en rendrez compte pour vous-mêmes, un esprit et encore plus un esprit cartésien résiste à tout mode de pensée qui n’est pas le sien. Sentant cette résistance en moi, les doblons m’envoyèrent rencontrer les Assanas.
Les Assanas m’invitèrent quant à eux à faire l’expérience par moi-même de la loi de la nature et de la possibilité qui m’intriguait tant de pouvoir purifier l’avenir. La technique s’avérait très simple : fermer les yeux, maintenir une posture assise bien droite et apprendre à concentrer son esprit sur sa respiration. Au bout de plusieurs jours de cet exercice astreignant l’esprit ayant cessé de s’évader dans des pensées liées au passé où à l’avenir, il devenait plus présent et plus disposé à la suite du travail. Cette suite consistait désormais à observer les sensations diverses s’exprimant partout dans le corps sans chercher à modifier quoi que ce soi, c’est à dire sans réagir à tout ce qui se passait intérieurement. Ainsi les habitudes de réactions émotionnelles s’estompaient peu à peu et une certaine paix s’installait dans l’esprit. Les émotions perturbatrices qui s’étaient ancrés dans le passé et qui promettaient des futurs difficiles ressurgissaient dans le présent. N’étant plus alimentées par de nouvelles réactions elles perdaient de leur puissance. Au bout de 10 jours je sentais déjà que mon esprit s’était allégé d’une partie de son passé douloureux et était donc désormais libre des conséquences futures de ces impuretés. Les avenirs douloureux correspondant à ces complexes dénoués avaient désormais disparu.
Les Assanas m’expliquèrent une chose plus incroyable encore. En continuant longtemps ce processus, c’est à dire en cessant de projeter l’esprit dans l’avenir par des réactions émotionnelles de désir et d’aversion, l’esprit pouvait éliminer tout futur au point de se libérer du temps. L’esprit pouvait ainsi demeurer dans la paix et la vérité absolue, hors de toute forme, de tout événement et donc de tout écoulement du temps. Ils m’expliquèrent encore que pour que quelque chose existe en dehors de la pureté absolue où seule subsiste une pure présence, un pur regard d’Amour, il fallait d’abord une étincelle : une attirance, un désir. Le Un devenait alors deux et la source de toute création et donc du temps se mettait à s’écouler.
De ce principe de dédoublement naissait tous les êtres vivants dans les mondes visibles et invisibles ; les uns profitant du savoir donc des réalités les plus subtiles, spirituelles et lumineuses de la création et les autres s’étiolant au fil des réalités de plus en plus grossières et matérielles des enfers qu’ils se créent par ignorance. Entre la pureté absolue du non temps, la lumière du premier temps et l’obscurité des temps qui s’écoulaient le plus rapidement s’étalaient tous les niveaux de réalité de la création allant de la vérité, la connaissance absolue à l’ignorance la plus totale. Vues ainsi, toutes les notions existantes, y compris celles d’espace et de temps devenaient les effets de la relativité du savoir et de l’ignorance.
M’enquérant de la place de l’humain sur cette échelle du savoir je me vis répondre qu’il s’était séparé de sa source lumineuse qui elle, était préservée de la mortalité, mais qu’il était aussi a un tournant de son existence avec la fantastique possibilité de refaire son unité avec sa noblesse créatrice ou avec le risque de sombrer dans les mondes obscurs créés par son ignorance où il doit renaître sans cesse, aspirés par les futurs sombres qu’il se crée.
Chaque être doit donc choisir son chemin. Mieux il connaît la loi de la nature plus il lui est facile de choisir la bonne route. En revanche, plus il l’ignore plus sa possibilité de choix s’estompe et finit par disparaître dans l’esclavage auquel l’astreignent ses idées noires. Ceux qui ont le plus besoin d’aide sont donc ceux aussi qui sont le moins enclin à la recevoir. Mais personne ne peut prendre le bon chemin à la place de quelqu’un d’autre. Celui qui est sur le bon chemin sera un exemple, une source d’inspiration pour les autres. Pour moi, ces peuples, ces êtres magnifiques que j’ai rencontrés et qui formulent à leur manière la même loi de la nature ont été cette source d’inspiration. Et lorsque je leur faisais part de mes doutes sur l’accueil qu’allait pouvoir recevoir mon récit, ils m’ont tous dit ceci : la réussite de cette entreprise est déjà inscrite dans le futur, tu n’as qu’à te reposer sur cette idée avec confiance et tu verras cette réussite se réaliser. Et lorsque je leur disais que mes doutes pouvaient tout faire rater, là encore ils m’ont rassuré en me rappelant qu’un minimum de confiance restera toujours beaucoup plus puissant qu’un doute même récurant. Ramenant avec moi plus qu’un minimum de confiance, j’ai trouvé dès mon retour une confirmation légitime de mes découvertes, pour les cartésiens que nous sommes.
En effet j’ai été accueilli par la même loi de la nature formulée cette fois par les plus grands physiciens : des scientifiques auxquels seuls nous acceptions jusqu’à présent de nous fier. Et voici ce qu’ils annoncent eux aussi désormais : la réalité avant d’être réalité est l’incroyable multiplicité de l’ensemble des possibles et ce jusqu’à ce que l’on pose un regard, une attente particulière sur un de ces possibles. Alors, ce qui n’était jusque là qu’un potentiel de réalité parmi tant d’autres se fige dans la forme perceptible à laquelle nous nous attendons, le plus souvent inconsciemment. Voici ce que nous appelons le réel. La réalité, y compris la matière, ne serait que de l’information potentiellement présente partout et tout le temps mais qui se densifie dans une forme, dans un lieu et dans un temps selon les prédispositions à voir d’un observateur, selon ce qu‘il s’attend plus ou moins consciemment à voir se réaliser. Nous ne pourrions donc percevoir que les réalités que nous sommes prêts à voir, celles que le conditionnement de notre esprit nous pousse à attendre. Si nous étions capables de nous attendre à une autre réalité, alors celle-ci pourrait s’exprimer. Reste pour cette civilisation du savoir scientifique qu’est la nôtre à passer comme tant d’autres peuples rencontrés, aux magnifiques travaux pratiques auxquels nous invitent les différents énoncés de cette loi.
Alors cher amis, frères et sœurs d’humanité, je vous convie désormais à formuler en vous le meilleur et à vous attendre avec confiance, avec patience, sans tension, et sans crainte, à sa matérialisation future. Et je vous demande : que ferez-vous de ce récit ? Vous en ferez ce que vous pourrez bien sûr avec vos modes de pensées actuels, mais croyez moi, vous pouvez bien plus que vous ne pouvez vous y attendre en cet instant. Aujourd’hui, demain et tous les jours d’après vont commencer à s’exprimer des possibilités fabuleuses. Vos futurs et tous nos futurs communs vont ensemble s’éclairer et éclairer notre présent. Et si cette déclaration a les allures d’une prédication c’est en connaissant désormais le pouvoir de réalisation d’une telle vision que je vous l’adresse, avec les meilleures intentions qui m’ont été transmises au fil du temps par tous les êtres de bien qui nous invitent nous aussi à ce merveilleux voyage. Je vous souhaite donc bon vent pour cette fabuleuse odyssée qu’est la transformation de son regard sur le réel.
Enfin je vous dirais ceci : j’ai croisé trois portes tout au long de mon chemin. Sur la première était inscrite « change le monde », sur la seconde « change les autres », sur la troisième « change toi toi-même ». J’ai tenté de suivre une à une ces indications avec plus ou moins de réussite puis je me suis retourné après des années et sur la dernière porte était inscrit « accepte toi toi-même », puis sur la seconde était inscrit « accepte les autres » et enfin sur la première devenue dernière j’ai pu lire : « accepte le monde ». Ainsi toutes les tensions disparaissent et laissent le champ libre au bien, au beau, et au bon qui seuls changent positivement tout ce qui peut l’être. Sur ce, mes amis, je repars pour un voyage immobile et silencieux au cours duquel je dois encore me délester de tourments et autres illusions persistantes pour demeurer dans la paix. N’oubliez donc pas ceci : la vérité se trouve en chacun d’entre nous et c’est à chacun d’entre nous de suivre le chemin qui est le sien !
Maintenant, Bon vent !
Ce qui n’est pas encore clair pour vous le deviendra, alors soyez heureux un instant, car cet instant c’est votre vie !
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